Ma demarche artistique
Mon style
J’aime les personnages simples et rigolos, dessinés avec un trait épais. L’esprit de mes dessins animés est plutôt calme, simple et épuré, et c’est ce qui me correspond le mieux. Mes créations se situent entre l’illustration simple et le dessin animé : on peut raconter une histoire sans avoir besoin de douze images par seconde. Faire passer une idée avec peu de dessins fonctionne aussi bien, et le rythme lent ou saccadé contribue à cette impression.
J’utilise des petites touches de couleur en aplats sur les personnages, tandis que les décors restent discrets. L’objectif est de mettre en valeur les personnages. Dans la composition, il y a des vides qui permettent aux personnages de respirer et d’être mieux perçus grâce aux couleurs et aux traits épais.
Je ne voulais pas d’un style cartoon « plein les yeux », avec tout qui bouge partout. Mon style est doux, tranquille, burlesque et épuré : j’aime ce contraste. Le texte vient compléter l’image et aide à la compréhension de l’histoire.
Idées
Les idées sont dans l’air. Il suffit de les attraper… mais ce n’est pas toujours facile. Pour moi, elles arrivent mieux dans une ambiance calme. Un peu de musique, du temps, et peu à peu quelque chose apparaît. La création est souvent un processus lent. J’aime chercher, rester attentif aux choses qui m’entourent, comme si j’étais en veille permanente. Quand une bonne idée surgit, j’essaie de la noter tout de suite. Et quand ça bloque, je fais l’inverse : je m’éloigne un peu. Je prends l’air, je me détends, j’arrête de trop cogiter. Puis je reviens au projet avec un regard neuf. C’est souvent à ce moment-là que les choses se débloquent. Il m’arrive aussi de croire qu’une idée est bonne, puis de la laisser de côté parce qu’elle ne s’accorde finalement pas avec l’ensemble. Faire des choix, renoncer parfois, fait aussi partie du processus.
En collaboration, les échanges d’idées, les ping-pong créatifs, m’apportent beaucoup. C’est une bonne base pour construire des projets solides.
Scénario
Pendant cinq ans, j’ai fait du théâtre d’impro, ca m’a aidé à trouver des idées. Une histoire se construit “en escalier” : chaque action ajoute une nouvelle marche. Le principe est simple : Il se passe quelque chose. Puis une conséquence arrive. Puis une autre conséquence. Et ainsi de suite…
- J’aime regarder des films ou des séries pour voir comment un scénario est construit.
- Poser l’enjeu rapidement est essentiel.
- Capter l’attention dès le début, camper les personnages. Souvent, au fil de l’histoire, on doit comprendre pourquoi le héros est dans cet état. Et comment il fait pour changer.
- Entretenir les tensions et les rebondissements.
- Un climax, c’est le moment le plus intense de l’histoire, le moment où tout se joue.
- Varier les rythmes aussi, mélanger tension et relâchement.
- J’ai appris les codes du scénario, avec les plans de caméra : Plan rapproché, plan américain…
Rythme et musique
Je trouve que la musique et le rythme sont très important pour servir l’histoire. Pour « le gars en retard » J’ai choisi des musiques libres de droits, qui donnent de la profondeur aux personnages. Sur le logiciel « callipeg ». Je passe beaucoup de temps à placer les calques de dessins, trouver le bon timing, avec la bonne musique, pour que l’ensemble soit cohérant.
Recherches et finitions
Je travaille en deux parties. Pour ma phase de recherche, je dessine sur papier ou sur mon ipad. Pour rechercher le graphisme des personnages, les décors, les scènes, les couleurs, les placements… Les graphismes sont dépouillés, mais l’essentiel est de comprendre l’idée.
Lorsque j’ai tout placé, que je suis content de mes recherches, des couleurs, les décors, que l’histoire tiens la route, etc… Je commence à faire les finitions, repasser sur mes dessins au trait épais, ce qui prend du temps aussi.
Ma formation de graphiste m’a aidé
Par exemple pour « le gars en retard » le symbole « étoile » collait parfaitement pour accompagner mon histoire. Restaurant étoilé, étoile du rock… Le symbole flamme est important aussi. Coup de feu du restau, univers rock, une flamme/passion brûle entre nos deux héros. La chevelure de l’héroine est aussi en forme de flamme, pour dire qu’elle est énervée. C’est ambivalent.












